samedi 24 octobre 2009

2e Volet de la Campagne Ardennes 1944 (BLITZKRIEG)


Hécatombe à Honsfeld!!


Le matin est froid et piquant en ce 17 décembre 1944. Mais, après la brume matinale, le soleil a fait une percée et le temps s'est éclairci sur les Ardennes belges.
Peu satisfait du retard et des faibles dégâts infligés à l'ennemi la veille, Joachim Peiper a réuni les principaux officiers de son Kampfgruppe.




Après avoir étalé la carte sur le sommet de la tourelle de son Panther de commandement, il explique:


"Après l'assaut d'hier et le désordre qui doit régner dans les lignes américaines, mon plan vise à foncer au plus vite sur les routes à partir du carrefour de Honsfeld, puis d'écraser les troupes ennemies en fuite et ensuite de nous emparer d'un dépôt d'essence qui devrait être sans défenses".



Pointant du doigt les noms sur la carte, il poursuit: "Cela nous permettra dans un deuxième temps d'avancer vers nos objectifs principaux: Moderscheid et Ligneuville", derniers verroux avant d'attaquer les ponts de la vallée de l'Amblève". Meine Herren, je n'ai pas besoin de vous expliquer à nouveau l'importance de notre mission. Nous ne devons pas nous arrêter sous quelque prétexte que ce soit. Il faut s'attendre à ce que des renforts ennemis arrivent à Baugnez par la route de Malmédy. Mais si nous arrions avant eux, nous les prendrons au piège".

Tandis que les commandants s'en retournent vers leur formation et croisent quelques carcasses de véhicules US détruits...


...les Panzer IV se rassemblent.


Plusieurs d'entre eux embarquent des parachutistes du 9e régiment. Avoir survécu au combat de la journée précédente et enfoncé sans difficultés les avant-postes Américains leur a redonné le moral.


Mais ces jeunes conscrits feront-ils bonne figure aujourd'hui? Car, en face, les troupes US ne sont pas aussi en désordre que le colonel SS ne le croit. Certes, les Allemands ont enfoncé les lignes américaines le jour précédent et détruit quelques véhicules.



Certes, certaines formations américaines se sont décomposées et se replient en désordre sur les routes.




Mais toutes les troupes alliées n'ont pac cédé à la panique. Bien plus, la chance les a servis et certaines ont eu le temps de construire des retranchements. Par exemple juste derrière la route de Honsfeld.


Un 76,2mm rescapé d'une équipe de Tank destroyers s'est positionné sur une petite éminence.


Le commandement américain est, c'est vrai, très alarmé, mais conscient des enjeux. Le tout premier est de détruire immédiatement le dépôt de Büllingen, afin qu'il ne puisse servir à l'ennemi.


Le deuxième est de profiter du terrain et des hauteurs au Nord-Ouest pour positionner un observateur d'artillerie.


Mais, en attendant l'inévitable assaut allemand, l'état-major américain se sait en faiblesse: aucune garnison n'est en mesure de tenir ni Ligneuville à l'Ouest,


ni Moderscheid et son petit pont au centre....


...seulement gardé par une automitrailleuse M8.


Qu'à cela ne tienne, les cavaliers survivants du 14th group se sont retranchés sur la route de Honsfeld pour bloquer l'ennemi.


Les MG sont à couvert et à l'affut.


Au signal, les Panzergrenadiers allemands attaquent!


A partir de leur base de déploiement, ils s'avancent vers Honsfeld.

Le Panzer IV de tête est accroché par un bazooka franc-tireur qui se planquait à l'étage d'une des dernières maisons du village. Mais sans plus de dégât, son "chargement" de paras débarque.
Les autres Panzer IV avancent prudemment sur les routes ou en terrain boueux. L'un d'eux parvient à portée de tirs des fuyards américains.


Et détruit un Dodge d'un coup au but! Mais les mouvements allemands ont été aperçus par l'observateur d'artillerie du haut de la colline.


Avec précision, il donne les coordonnées à une batterie de 105mm située à plusieurs kilomètre sur la route de Malmédy.


Et le "feu du ciel" s'abat alors sur Honsfeld! Avec une précision incroyable, les canons américains pilonnent la concentration ennemie en lisière de Honsfeld. Une seule salve parvient à détruire 1 Panzer et 4 half-tracks avec leurs équipages!


L'élite du Kampfgruppe Peiper est ainsi décimée en quelques instants au 1er tour, sans avoir pu faire la preuve de son efficacité. Les paras allemands n'ont que le temps de se mettre à couvert.


N'osant croire à leur chance, les commandants alliés se dépêchent de profiter des couverts des forêts pour envoyer des troupes du génie vers le dépôt de Büllingen.


Quelques instants plus tard, une patrouille de 2 Mustangs apparaît dans le ciel, sans doute attirés par les gerbes de fumée des véhicules détruits.


Les appareils US se présentent alors pour "straffer" les rues de Honsfeld où règne la pagaille!



Certes, leurs bombes manquent leurs cibles, mais leurs mitrailleuses creusent un peu plus les pertes parmi les parachutistes et les grenadiers blindés allemands.


Le bilan de ce premier tour est catastrophique pour les généraux allemands qui n'en reviennent pas! Les soutiens américains ont non seulement ruiné les espoirs d'une chevauchée rapide, mais ont créé une belle pagaille dans le village de Honsfeld, la base de départ allemande.


Le deuxième tour s'ouvre sur une consolidation du village de Büllingen par l'arrivée de la section de Stuarts.



Tandis que le génie américain parvient rapidement à la lisière du dépôt d'essence.


A Honsfeld, le bazooka solitaire parvient à détruire le Panzer IV qu'il avait manqué son coup au tour précédent. La réplique des Grenadiers SS est sans merci et les servants américains succombent lors de l'assaut. Toujours est-il que, ne parvenant pas à sortir leurs Panzer de l'embouteillage créé par les carcasses et la boue, les Allemands font une magnifique cible pour la deuxième salve d'artillerie américaine.


Celle-ci s'abat en détruisant à nouveau un Panzer IV et des SdKfz 251 avec une régularité stupéfiante!



Les commandants allemands ne désespèrent pas et lancent de chaque côté de Honsfled les compagnies de parachutistes. La première vers le nord et Büllingen. Mais la boue colle aux brodequins et ralentit l'avance.


Jusqu'à ce que, à nouveau, le Jabo détesté apparaisse dans le ciel!


Nouvelle passe, nouveau mitraillage, nouvelles pertes pour les conscrits du 9e régiment, qui partent se réfugier sous les sapins.


De l'autre côté, vers le Sud, la pagaille dans les rangs et l'échec aux tests d'expérience retardent l'avance.


Stupéfaits par les explosions, les paras préfèrent se coller au sol!


Animés par un esprit de revanche, l'un des chars allemands se décide à régler son compte à une mitrailleuse ennemie qui vient de démoraliser l'équipage d'un canon antiaérien. Il s'avance malgré la boue et tire.


Mais les sacs de sable préservent à chaque fois les mitrailleurs américains!

Le deuxième tour voit également l'arrivée d'une compagnie de renforts américains en camions GMC. Ces derniers ont perdu leurs armes de soutien et leur commandant de compagnie en route (ce dernier ayant disparu depuis qu'il était "parti chercher l'état-major").


Prudents, les commandants américains de la zone les expédient en arrière vers Ligneuville. Ils doivent constituer la dernière réserve.



A la lisière de Honsfeld, le troisième tour commence par une nouvelle tentative de poussée de l'infanterie allemande den direction des canons antichars retranchés qui gènent la sortie des Panzer IV.


De leur côté, les Américains se dépêchent et parviennent à faire sauter le dépôt d'essence, illuminant toute la zone!


Exaspérés, les Allemands harcèlent les pionniers ennemis à coup de mortiers de 81mm et l'un d'eux parvient à détruire un Half-track et son équipage!


Dans Honsfeld et pour la 3e fois, l'artillerie s'abat. Les pertes sonr plus légères, sans doute parce qu'il reste de moins en moins de cibles. Peiper est alors informé que près des 3/4 des effectifs de la journée sont en passe d'être éliminés sous les obus! Ce sera cependant le dernier tir de la batterie.


Avec une régularité désespérante, lorsqu'une formation parvient à se désengluer de la boue qui couvre le champ de bataille, un canon antichar américain planqué le prend pour cible. Ainsi en est-il du Sdkfz 7 antiaérien.


Le visage des commandants allemands se rembrunit encore lorsqu'ils distinguent sur la route de Baugnez l'arrivée de Shermans.



Une contre-attaque américaine se dessine; les commandants alliés de la zone estimant avec pragmatisme que l'occasion n'a jamais été aussi favorable, malgré leurs ordres intiaux de retraite!


De Büllingen, les Stuarts essaient de couvrir la zone au nord et de frapper le flanc des derniers Panzer IV!



Au sud, par contre, les SS n'abandonnent pas et repartent à l'assaut du canon qui leur bloque la route.


Lorsqu'un tir de mortier démoralise ses servants, il ne reste plus à ces derniers qu'à se rendre lors de l'assaut!


On pourra rendre hommage au responsable allemand, qui afin d'éviter tout crime de guerre, annonça alors qu'un chef de section serait personnellement responsables des prisonniers.

Au centre, d'autres Stuarts fonçaient pour renforcer les mitrailleuses avancées.



Ce qui stoppa l'avance des chars alliés, ce ne fut pas la riposte allemande.




Mais uniquement la fin du jour et la dispersion des troupes. Les Allemands ne s'accrochaient plus alors qu'à l'intérieur de Honsfeld et à quelques bois en lisière.


Encerclés, les Allemands parviendront-ils à reprendre l'assaut le 3e jour??


L'imprévisible s'était en tout cas produit sur le champ de bataille et l'attaquant était devenu l'attaqué!

6 commentaires:

spock a dit…

très bon rapport de bataille, les américains ont une chance insolente avec leur artillerie ;)

stef a dit…

c'est sympa d'allier les photos de jeu à celle historique. Bravo
Stéphane

gilel a dit…

Récit très agréable à suivre. Bravo.

Oll a dit…

Merci pour ce nouveau compte-rendu très intéressant.

Kushikatsu a dit…

Récit impeccable et les photos d'époque mettent une touche un peu plus authentique au rapport de bataille. Bravo à toi!

Sinon, les arbres enneigés ne proviendraient ils pas de décors de Noël par hasard? J'ai exactement les mêmes (prix imbattable^^) mais je ne les ai pas encore testé sur la table de jeu mais aux vues de tes photos, ils rendent vraiment très bien!

fredthegreat a dit…

Si, si, c'est bien des décos de Noël à 1,50€ les 4 sapins. Idéal pour des grandes tables hivernales.