mercredi 7 mars 2012

LA WAAAGGH CONTRE-ATTAQUE!!!! (WFB)


La Voix le lui avait dit. C'était bien au-delà des Montagnes du Bord du Monde que Gorgor trouverait son destin. La Voix lui avait dit aussi qu'il ne serait pas seul. Effectivement, il avait retrouvé son petit cousin, Snagga. Snagga n'était qu'un chef gob, et son habitude d'abuser de la bière de champignons lui faisait faire parfois n'importe quoi, comme les autres minus de son espèce. Mais c'était un peau-verte (du moins d'après ce qu'on pouvait en voir sous le capuchon plein de boue). Il était donc un "cousin" et, puisqu'il était plus petit, forcément un "petit cousin". Gorgor avait toujours été réputé pour être malin. Plus malin que la moyenne de sa bande en tout cas. C'est ce qui lui avait permis de "trouver" cette grosse chose blanchâtre, dont était sorti un immonde petit lézard et qui était finalement devenu "Sifflarde", sa vouivre préférée. C'était sa seule vouivre. Mais comme il la prenait toujours pour chevaucher au-devant des lignes de bataille, c'était sa Vouivre préférée. Logique, non? Grâce à Sifflarde, Gorgor était devenu seigneur de guerre orque. Une fierté pour sa famille.
La Voix lui avait encore raconté qu'il s'illustrerait dans un grand carnage. Cela plaisait beaucoup à Gorgor. Gorgor n'avait pas tout compris le qui, ni le pourquoi. Mais la Voix avait répété plusieurs fois que des hommes-rats s'étaient alliés à d'autres forces plus terribles encore pour couvrir le Vieux-Monde de nouvelles ténèbres. "Zé koi l'été naibreu?" avait alors interrompu Gorgor. Après plusieurs minutes de formules incompréhensibles (sans doute magiques), Gorgor avait finalement compris une des réponses de La Voix: "C'est quand il n'y a même plus d'orques pour donner des baffes".
La Voix lui avait alors parlé des forces de la Non-Vie et de leur alliance impie avec les Assoiffés de Malepierre. Des mots, des mots, encore des mots. C'était difficile à comprendre. Avec tout autre interlocuteur, Gorgor aurait réagi par un grognement et un bon coup de hache. Un remède universellement connu contre les bavards prétentieux. Seulement voilà, la Voix parlait dans la tête de Gorgor. C'était comme si Seul Gorgor pouvait l'entendre. Gorgor avait d'ailleurs fait une petite expérience pour vérifier. Il avait demandé à des boyz de son clan pour savoir s'ils entendaient quelque chose. Gorgor n'avait pas aimé quand les Boyz l'avaient regardé d'un air bizarre et avaient rigolé. Il ne fallait pas rigoler avec Gorgor. Les cobayes ne serviraient pas à d'autres expériences. La Voix continuait à parler dans sa tête. Et elle avait promis qu'il y aurait de la baston. Et comme il n'en fallait pas plus à Gorgor, il avait fouetté sa bande de Loups zheurs, l'avait harangué par quelques "waaaagh" crescendo et ils avaient commencé à marcher vers la direction soufflée par la mystérieuse voix.
Par-delà les montagnes, la surprise avait été de taille. Oh, certes, Snagga et ses ptis gars avaient rejoint la Waaagh de Gorgor, tout comme la Voix l'avait prédit. Mais, en survolant les alentours, Gorgor avait trouvé des Hauts-Elfes sur une colline. "Oh chic déz oneilles" avait pensé Gorgor. Mais la Voix lui avait immédiatement intimé de ne pas s'en prendre à eux. "Mé piske zezon déz oneilles?!?" avait protesté Gorgor. "Ce seront tes alliés dans l'affrontement qui se prépare avec les forces impies" lui avait répondu la Voix. "Msieu, Zé koi un pis?" avait d'abord demandé penaud Gorgor, avant de reprendre avec plus 'assurance : "Fô kan maimeu lé basto nez piske ze sondé z' oneilles, non?". "Fais comme si tu ne les voyais pas, rétorqua fermement la Voix. Ils tiendront ton flanc droit sur la colline". "Roooh, pike zé Kom tza...", ronchonna Gorgor, "mé Snagga, kezki fadir en voit yan déz'oneilles? i pôpa lé zen tire". "Snagga et ses gobelins couvriront ton flanc gauche, expliqua la Voix, "ils ne seront pas au contact des elfes et n'auront pas à respirer leur odeur". "Ah, zé in pon blan!" hocha Gorgor en plissant les yeux. Gorgor avait toujours été très malin.
Ainsi démarra l'affrontement qui resta dans les annales sous le nom de "bataille des improbables alliances" (quoique Gorgor ne sût jamais ce que signifiait improbable). Et, certes, improbable, elle le fût; car nul ne connut jamais les motivations qui avaient poussé le Prophète Vilskriit le gris (dit kritékrat pour les intimes) à s'allier avec les redoutables vampires Balthazar le sempiternel et Konnart von Carstein. Même les mages des collèges de magie d'Altendorf s'interrogent encore. Est-ce la promiscuité qui avait poussé ces deux races indésirables à s'unir? Avaient-ils reconnu dans leur mauvaise haleine un trait de ressemblance et de lien familial par delà les apparences? L’inquiétude qu'ils suscitaient en tout cas chez les Hauts-Elfes pousse à prendre au sérieux cette alliance impie de la Non-Vie et des Assoiffés de Malepierre. Mais qui a jamais compris les elfes et leurs motivations?



Des effectifs titanesques s'affrontèrent sur un plateau du piémont des Montagnes du Bord du Monde. A gauche, l'alliance contre-nature des gobelins-orques et hauts-elfes. A droite, la non moins contre-nature alliance des comtes vampires et des Skavens.

Sur la droite, l'alliance impie avait massé ces créatures dont on n'ose dire le nom: squelettes et autres goules. Le dernier cri de la technologie skaven appuyait cependant l'antique nécromancie puisque des canons à malefoudre avaient été placés sur une petite éminence derrière les lignes.




Au centre prirent place Konnart von Carstein et ses chevaliers de sang, précédés d'une marée d'esclaves et de rats géants.


Tandis que Kritékrat, tel un quasimodo ratesque, s'était perché sur la gigantesque cloche de la peste pour sonner l'heure de la soupe.


Sur son flanc gauche, l'alliance impie avait massé ses troupes ratiennes innombrables ainsi qu'une abomination sans nom (enfin son petit nom, c'est l'abomination justement).



A l'extrême-gauche, les forces impies avaient alterné loups, nuées d'esprits et autres zombies nauséabonds.


De leur côté, Gorgor et ses alliés suivaient le plan susurré parla Voix: le gros des cogneurs au centre (orques noirs, orques sauvages à pied et montés, et trolls), les régiments de gobs de Snagga à gauche et les zoneilles sur la colline à droite.





Tous, bien sûr, prêts à en découdre.



Un Grand Dadais était tout spécialement descendu des Montagnes pour se joindre aux gars de Snagga (selon l'adage: on a toujours besoin d'un plus grand que soi).




La bataille s'ouvrit par un mouvement rapide des forces de l'alliance impie.


Tellement rapide que les nuées de rats firent même sortir les premiers fanatiques gobelins de Snagga.


L'avance était rythmée par le tocsin de la cloche de la pestilence.


Il faut reconnaître que l'odeur était effectivement pestilentielle, et ce d'autant plus que la plupart des troupes de l'alliance impie pratiquent le nudisme collectif et la consommation d'aliments faisandés.



Toujours perché sur Sifflarde, Gorgor observait la fine ligne de Hauts-elfes vers qui convergeaient les esprits, les vermines de choc, les loups funestes et autres joyeusetés. "Bof, tou tefasson, cé pamoa ke zar egardeu!". Puis, Gorgor vit s'allumer plusieurs feux dans le ciel. L'horizon s'irisa et prit des teintes étranges. Plusieurs bangs retentirent tandis que les vents de magie de l'ennemi retombaient. "Toussa pourssa", se dit Gorgor en ricanant.


La préoccupation de Gorgor était surtout la baston. Aussi ordonna-t-il à ses troupiers au centre d'avancer.


Tous le firent, sauf ceux de ce cornichon de Grotfang. "Kè lnu-los zeluila!", pensa Gorgor en notant mentalement qu'il devrait donner plus tard une correction à Grotfang pour ne pas avoir maintenu la discipline dans sa bande. Un instant plus tard, Gorgor avait déjà oublié.



Insouciants (mais n'est-ce pas là un trait identitaire de la culture orkique à sauvegarder?), les orques sauvages sur sangliers fonçaient sur le centre ennemi, laissant loin derrière les autres orques sauvages et les trolls de pierre.



Tandis que les tirs des catapultes serraient de près Balthazar et sa monture zombie...


...les shamanes peaux-vertes ne démontrèrent pas plus d'aptitude à la magie efficace que leurs homologues de l'alliance impie.

Mais Konnart von Carstein et Kritékrat étaient loin d'avoir épuisé leurs réserves de malfaisance. Ils tentèrent d'encercler les chevaucheurs orques trop avancés. "Ouééé baston!" rugit Gorgor. "Imbécile, tu vas perdre cette unité, ordonne-leur tout de suite de se dégager", vitupéra aussitôt la Voix dans sa tête. "Bonbon, tré bien bosse", pensa Gorgor. Il s'exécuta, mais n'ayant pas très bien compris lui-même s'il devait suivre les fuyards ou les arrêter, Gorgor se retrouva finalement perdu à l'autre bout du champ de bataille.

Pendant ce temps-là, sur la gauche du champ de bataille, un tourbillon de capuches sombres, de nez verts, de poils et de queues signalait que les fanatiques de Snagga avaient commencé leur office. Mais leur enthousiasme les conduisit trop près du bois et le tourbillon s'arrêta.

Au centre, une mêlée furieuse commença entre les moines de la peste, les orques noirs et les orques sauvages, tandis que les trolls tentaient d'attraper Balthazar le sempiternel. Des boums et des cracs retentirent à plusieurs reprises tandis que les canons à malfoudre skaven et les lance-rocs orques dévoilaient leurs défauts de construction.


Mais, tandis que Gorgor parvenait à rallier ses chevaucheurs de sangliers et à ramener les gars de Grotfang vers l'avant, le seigneur orque vit soudain la fine ligne haut-elfe se ratatiner sous le poids de l'abomination skaven. "Cé bizar, pensa Gorgor, g'entant pû lé bosse, allau bosse, fou zét la?".
Et le silence se fit dans l'esprit de Gorgor.







dimanche 8 janvier 2012

Le match improbable: Hannibal vs Caesar (WAB)







Chante, Muse, l'affrontement des Fils de Vénus et de Baal, ce terrible affrontement qui vit sortir des Enfers les âmes de tant de héros morts et livra à nouveau leurs corps décharnés aux chiens et aux vautours.





Dans l'Au-delà des guerriers morts, que d'aucuns appellent le Valhalla, les ex-Grands Capitaines d'ici-bas ne cessent de se remémorer leur gloire passée. L'orgueil ne les a pas quittés et les mène à se lancer des défis. C'est ainsi que les Mânes de Hannibal Barca et de Caius des Julii, dit César, ont projeté de s'affronter pour déterminer une fois pour toutes qui était le plus grand général du monde antique.


De leurs tombes sont ressorties à nouveau les âmes des guerriers qui ont servi ici-bas ces stratèges. Et c'est moi, pauvre mortel, que les Dieux ont chargé de chanter le récit de cette épopée.


Muse, chante le tonnerre des boucliers fracassés et des lames entrechoquées; mais nul cri ne sortit des poitrines de ceux qui ont déjà passé l'Achéron.


Le champ de bataille, vu du côté punique. Les Romains sont sur la crête.


Hannibal a placé sur son centre et sa gauche ses plus fortes troupes: vétérans et Lybiens, soutenus par la cavalerie punique, des frondeurs baléares et des javeliniers lybiens.




Les boucliers des braves étincellent d'une gloire immortelle.


C'est derrière ses mercenaires grecs que le Punique mène ses troupes, pour une ultime fois.




Sur son flanc droit, le général carthaginois a placé son infanterie osque, ses cavaliers numides et un lourd pachyderme cuirassé pour les soutenir.


Mais ce danger n'effraie pas les légions, qui bénéficient du terrain.



César a décidé d'attendre en profitant de sa position. Ses légions couvrent la colline, avec des archers, des scorpions et une baliste intercalés.





Sur son flanc gauche, le plus faible, César envoie ses auxiliaires numides et fantassins légers espagnols pour retarder l'ennemi.



Sur son flanc droit, César place ses redoutables cavaliers germains, soutenus par des auxiliaires, et des archers crétois.



Au début de la bataille, les troupes carthaginoises s'ébranlent aux sons des trompettes et des buccines.


L'élite des cavaliers puniques s'avance au petit trot pour rester à leur hauteur.



Ce à quoi, césar, avec sa Celeritas bien connue, réagit en envoyant son flanc droit prendre de solides positions dans les bois.



Les auxiliaires se ruent ainsi vers un bois, afin de menacer le centre ennemi.


A leur tête, vous l'avez reconnu, c'est Vorenus bien sûr.

Sur le flanc gauche, les Numides au service de chaque camp entament un ballet mortel de fuites feintes et de javelines, tandis que les Espagnols s'emparent d'une colline rocailleuse.


Hannibal maintient sa pression au centre.


Les tirs des archers et des balistes romaines s'avèrent piteux, à la grande ire de César. Les cordes se sont, hélas, desséchées avec les ans.


Les archers crétois finissent même par prendre la fuite face aux tirs des Lybiens.



Quant aux auxiliaires romains, ils sont chassés de leur bois par les tirs des frondeurs baléares.



L'échec des tireurs romains s'avère inquiétant, puisque l'éléphant carthaginois s'avance sans opposition vers la plus proche légion. Mais les derniers Numides au service de César se sacrifient et leurs traits déchainent la panique de la Bête.


Dans sa colère, elle fonce sur les Romains...


... qui, in extremis, s'écartent sur le côté. Le danger est passé!


C'est au centre que le danger est pressant. C'est pourquoi César abandonne son flanc gauche aux ennemis.


Après avoir concentré ses tirs sur les cavaliers puniques, César lâche sur eux ses Germains, qui ne peuvent hélas que marque le pas face à la bravoure de leurs adversaires. Dans ce combat qui se prolongera, les Germains finissent pas l'emporter, mais doivent ensuite fuir devant l'avance des vétérans puniques. César n'attend pas plus et fait dévaler ses légions sur l'ennemi.


Le choc est terrible, mais l'obstination des Romains vient à bout des meilleures troupes de Carthage.


César ramène alors ses Germains pour prendre de flanc l'infanterie punique; ils se taillent un chemin et finissent par rejoindre Hannibal lui-même.



Sauvé par son porte-bannière, le barcide fuit, la crête basse et l'âme à jamais meurtrie.



Ici bas, comme dans l'Au-delà,
ROMA SEMPER VICTOR!




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